22 août 2012: Aubazine – Colonges la rouge

En ce matin du 22 août, contre toute attente, je me sens reposé et en forme. C’est heureux, car ce soir, c’est soirée de gala. En effet, un ami vient me rendre visite sur le lieu de mon arrivée. Il doit faire 350 km aller-retour, je me dois donc d’être en forme pour l’accueillir. Pas question de me retrouver dans l’état de la veille. On a sa dignité tout de même… Je décide donc de ne pas trainer, afin d’arriver relativement tôt à Colonges.
Comme d’habitude, le chemin se fait sous un soleil de plomb. Je commence à m’y habituer.
Les sentiers et les hameaux s’enchaînent, sous les aboiements des chiens de fermes.
Ah oui, les chiens, je ne vous en ai pas encore parlé! Les braves toutous, les meilleurs amis de l’homme… Tu parles, en rêve oui… Je me suis livré à un petit calcul. Durant la totalité de mon périple, j’ai du croiser à peu près une centaine de chiens. Sur les 100, 99 ont aboyé avec plus ou moins de véhémence à mon passage. Et le centième me direz vous? L’exception qui confirme la règle? Hé bien il m’est arrivé dessus sans crier gare au détour d’une ferme. Mais chez lui, contrairement aux autres, aucune agressivité, aucune crainte, juste une envie de faire copain-copain avec un sac à dos vert pistache… Le renifleur de cul au costume de Milou s’est mis en tête de faire un bout de chemin avec moi. C’est donc avec un train bon enfant qu’il me précède. Il adapte son pas au mien, à ceci près que tous les cinquante mètres, il lève la patte pour se soulager un petit coup. Prostate peut-être? Ou bien il marque son trajet tel le petit Poucet, afin de retrouver sa niche.
Toujours est-il qu’au bout d’une demi-heure, je trouve la ballade un peu trop longue à mon goût, et j’aimerais bien que Milou rebrousse chemin. Je ne voudrais pas qu’il se perde l’animal. Je commence donc à l’invectiver et lui donne l’ordre de faire demi tour en agitant mon bâton.
Las! Le sac à puces fait la sourde oreille.
– Bon, Milou, ça suffit! Si tu crois que tu vas rester avec moi, tu te fourres la patte dans l’oeil. Tintin, Milou!
Hop, un petit coup de levage de patte. Il se fout de ma gueule en plus…
Je finirai par obtenir gain de cause à force d’invectives et de menaces après deux km.
Le trajet se poursuit sans rien de marquant, et aux alentours de quinze heures, j’arrive en vue de Colonges.
Colonges la rouge la bien nommée!
Cet enchevêtrement de maisons d’un rouge sanguin et pour certaines à l’architecture remarquable, est ce qui m’a été donné de plus beau à voir durant ce périple.
Hélas! L’enthousiasme est de courte durée. La main de l’homme est capable du meilleur, mais aussi du pire. Et c’est contrit et dépité que je pénètre non pas dans un village symbole de notre patrimoine exceptionnel, mais dans un parc d’attraction avec boutiques de souvenirs pseudo médiévaux et régionaux tous les dix mètres.
Après trente restaurants et vingt glaciers, je trouve enfin mon hôtel.
L’authenticité relative du lieu est une bonne surprise, et c’est soulagé que je prends possession de ma chambre en attendant l’arrivée de mon ami non sans avoir retenu une table pour le soir au restaurant de l’hôtel.
Vers 19h je me rends à la sortie du village pour le retrouver.
Quelques instants après arrive une voiture de ministre qui se gare sur le parking extérieur destiné aux touristes. En descend un play boy, chemise ouverte sur un torse glabre, teint outrageusement hâlé. Hugues Hefner sans ses Bunnies!
– Il y a trois heures, j’étais dans ma piscine! me lance l’arrogant.
Voilà à quoi ressemble un intermittent du spectacle de nos jours…
Nous nous installons à table sans tarder, car ici, le dernier service est à vingt heures.
Nous avons l’habitude, Philippe et moi, de nous retrouver régulièrement à Paris, autour d’un bon dîner, et de refaire le monde en vidant quelques bouteilles. Mais ce soir, pas question du moindre excès. J’ai un long trajet à assurer le lendemain, et monsieur le ministre doit rentrer ce soir.
Nous passons une soirée empreinte de sobriété relative, entrecoupée par les interventions culinaires de la patronne de l’hôtel vaguement impressionnée par l’apparence “people” de mon ami.
Nous nous séparons vers 23h30, après s’être fait la promesse de se retrouver à Paris.
Je me couche vers minuit non sans avoir lancé mon caleçon au plafond. Il reste collé, j’ai passé une bonne soirée…

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